Le Conseil fédéral laisse les spéculateurs jouer avec des vies

C’est avec déception que la JSS prend acte de la décision du Conseil fédéral appelant à rejeter son initiative “Pas de spéculation sur les denrées alimentaires” (Stop-Spéculation). En ne proposant pas de contre-projet, le Conseil fédéral se place du côté des spéculateurs. Il manque une occasion d’agir contre la faim dans le monde.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), aujourd’hui, près d’un milliard de personnes sont sous alimentées. Pourtant, actuellement, la production mondiale pourrait subvenir aux besoins de 12 milliards de personnes. Cette situation absurde est intolérable. Avec son initiative interdisant la spéculation sur les denrées alimentaires, la JSS cherche à mettre fin aux bulles spéculatives et préserver des millions de personnes de la faim.

Dans son message, le Conseil fédéral ne reconnaît pas l’influence de la spéculation sur les prix des produits alimentaires ou les bulles spéculatives dues à ce marché. Cette déclaration va à l’encontre des études indépendantes sur le sujet, y compris celles de la Banque Mondiale et de l’ONU. Compte tenu de la crise alimentaire mondiale de 2008-09 et de ses millions de victimes, cette attitude est cynique et vise à protéger les spéculateurs.

L’affirmation du Conseil fédéral selon quoi l’initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires aurait un impact négatif sur l’économie suisse, est plus que hasardeuse. Cet argument choisi, au nom du libéralisme économique, d’omettre complétement les faits et chiffres. “La spéculation ne crée pas de valeur ajoutée dans l’économie réel. Aveuglé par son idéologie, le Conseil fédéral refuse de voir cette réalité. Mais les bulles spéculatives, les crises et la faim dans le monde sont malheureusement des faits. ” Explique Fabian Molina président de la JSS.

Avec la crise du franc, la Suisse a fait, ces dernières semaines, l’expérience des pertes que peut entrainer une spéculation débridée sur les marchés financiers. Après avoir entrainé une volatilité du cours de notre monnaie, la pression de la spéculation peut à nouveau se porter sur les denrées alimentaires. “Nous avons tous besoin de manger. Et, les fluctuations des prix des denrées alimentaires liées à la spéculation frappent fortement les populations les plus pauvres du monde” explique Fabian Molina.

Après cette décision décevante du Conseil fédéral, la JSS attend plus de lucidité de la part du parlement, se prépare pour la campagne et place ses espoirs dans le peuple suisse.

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