Le Conseil des Etats laisse passer la chance de combattre la faim dans le monde

La Jeunesse Socialiste Suisse se montre extrêmement déçue que le Conseil des Etats aie refusé aujourd’hui son initiative „Pas de spéculation avec les denrées alimentaires (Stop à la Spéculation)“. La chambre haute laisse ainsi passer la chance combattre la faim dans le monde, et au lieu de cela, permet aux spéculateurs de continuer à jouer avec la nourriture, sans aucune limite.

Les banques se sont en effet particulièrement bien défendues dès la phase préparatoire des débats au Conseil des Etats, après avoir mis sur pied des organisations de lobbying, et en répendant des „études“ fallacieuses, et ont ainsi réussi à empêcher l’interdiction de la spéculation avec les denrées alimentaires, et une régulation minimale dans la Loi sur l’infrastructure des marchés financiers. Cependant, il règne encore aujourd‘hui une grande opacité dans le domaine de la spéculation sur les matières premières agricoles. Selon certaines estimations, les spéculateurs suisses engrangent chaque année d’énormes bénéfices grâce à leur négoce douteux. En 2013, le volume spéculatif en ce qui concerne les dérivés agricoles de 10 banques suisses a été estimé à 3,6 milliards de francs. Ces profits, elles les réalisent sur le dos des plus pauvres de notre planète.

Voilà pourquoi la Jeunesse Socialiste Suisse a lancé en 2012, de concert avec d’autres partis et associations d’entraide, son initiative „Stop à la Spéculation !“. Pour Caroline Morel par exemple, directrice de SWISSAID, il est absolument indispensable qu’il ne soit plus possible de spéculer avec les denrées alimentaires sur les marchés financiers: „ Nous sommes systématiquement confrontés, dans les pays du Sud avec lesquels nous menons certains projets, aux effets calamiteux des variations de prix des biens aliemntaires de base“, nous dit-elle. „Ces dernières peuvent plonger des familles entières dans la Faim et la sous-alimentation“. „Cette spéculation sur les denrées alimentaires est effectuée par de nombreuses multinationales ayant leur siège ou une succursale en Suisse“, poursuit Mme Morel. C’est pourquoi  i lest du devoir de la Suisse de prendre ses responsabilités en édictant des règles adéquates, comme cela est en train de se faire au sein de l’UE.

Dès avant la phase de consultation au sein de la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats (CER-E), la Jeunesse Socialiste Suisse avait proposé un concept d’application de l‘initiative, lequel proposait un projet de loi efficace et très peu bureaucratique. La différenciation entre Couverture des risques et Spéculation, nécessaire pour une interdiction de la spéculation sur les denrées alimentaires, est d’ores et déjà pratiquée par les places commerciales les plus importantes. Les doutes émis par le lobby des banques quant à l’applicabilité de l’initiative ne sont qu’une pure manoeuvre de diversion, destinée à détourner l’attention des gigantesques profits que rapporte la spéculation, malgré ses conséquences désastreuses.

„Encore aujourd’hui, près d’un milliard d’êtres humains meurt de faim à travers le monde. La Spéculation sur les denrées alimentaires aggrave encore ce problème. Le Conseil des Etats a raté l’occasion de mettre fin à cette odieuse façon de faire.“, critique de façon acerbe le Président de la Jeunesse Socialiste Suisse, Fabian Molina, concernant la décision d’aujourd’hui. Sans contre-projet conséquent, la Jeunesse Socialiste Suisse maintiendra quoiqu’il en soit son initiative, afin que le peuple puisse se prononcer là-dessus. La JSS est sereine quant à l’issue d’une telle votation populaire.

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