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Les loups sont entrés dans Berne !

Discours de Muriel Waeger, vice-présidente de la JSS à L’Assemblée Annuelle de Berne

Camarades,

Comme agent de sécurité, je passe mes week-ends à séparer des bagarres où les propos racistes fusent. Ces propos, ils sont tenus par des jeunes, comme vous, comme moi. Quand je cherche à les calmer dans un coin de la salle, ils me disent que ces sales étrangers cherchent la bagarre, profitent de leurs impôts et volent notre travail. Derrière ces discours nauséabonds, camarades, c’est avant tout la détresse qui s’exprime. Celle d’une population, qui se précarise, qui doit vivre dans un système qui la domine par la peur et la brutalité.

Car oui, camarades, le capitalisme règne par la peur. La peur de ne pas avoir de travail et de sombrer dans la pauvreté. La peur de ne pas faire de bonnes et utiles études pour avoir ce travail. La peur de perdre ce travail car un rival, votre voisin de bureau, cherche à vous le prendre. Et donc logiquement, dans cette lutte de tous contre tous, la peur de l’autre. Peur – qui comme le dit Yoda – conduit à la haine. Et conduit au côté obscure de la politique.

Pour reprendre Camus : « Le fascisme c’est la peur, la peur, si elle intervient en politique prépare ou instaure le fascisme. » Dans un système ou l’ont fait marcher les gens à la peur, les pas deviennent rapidement cadencés et inquiétants. Dans un système qui exclut, qui cloisonne, qui étend les inégalités et se propose d’écraser les plus faibles, il ne nous reste que deux choix. S’enfoncer d’avantage dans la noirceur, ou se battre pour une aube, un autre système !

Le fascisme c’est la solution de facilité, la droite dure c’est la solution de facilité. Pour chercher à expier nos fautes, notre société bancale, nous cherchons un bouc émissaire. Nous pointons du doigt un autre pour l’accuser de tous les tors. Alors que c’est vers le capitalisme que les doigts devraient se tendre. La lutte et les injustices ne sont pas entre nous et nos frères et sœur étrangers ; elle est entre nous, ceux d’en bas, et eux, ceux d’en haut qui profitent de ce système injuste. !

Camarades, le fascisme est pratique pour les capitalistes. Il détourne ceux qui souffrent. Il leur donne un ennemi à combattre pour ne pas qu’ils combattent le système. Et ce fascisme, nous le voyons avec les initiatives antidémocratiques et dangereuses que l’UDC, actuellement, s’implante dans notre société. Il se répand dans nos lieux de travail, dans nos cafétérias, dans nos foyers et dans le cœur de nos proches. Comme le dit le chanteur Serge Reggiani, dans une chanson comme un cri d’alarme désespéré : «  les loups sont entrés dans Berne ! »

Mais, comme le dit aussi cette chanson «  Quand les hommes auront retrouvé l’amour et la fraternité, les loups seront chassés ! »

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