Référendum contre l’Etat fouineur

Lors de la conférence de presse de lancement de la campagne contre l’Etat fouineur en Romandie de ce matin, lundi 8 août 2016, à Lausanne, Müriel Waeger (Vice-présidente de la Jeunesse socialiste suisse (JSS)), Loïc Hautier (Président des Jeunes libéraux-radicaux vaudois (JLRV)), Lisa Mazzone (Conseillère nationale, Verts – GE) et Guillaume Saouli (Co-Présidente du parti pirate suisse) se sont rencontrés pour discuter des problèmes engendrés par la nouvelle loi sur le renseignement (LRens) . 

Müriel Waeger évoque en préambule que « depuis les attentats en France, la LRens est devenue de plus en plus médiatisée. La question qui se pose réellement est de savoir si nous voulons davantage de sécurité ou davantage de surveillance, car les deux ne vont pas de pair. »

Le comité référendaire s’accorde pour affirmer que la LRens engendre de graves atteintes aux droits fondamentaux, et que la nouvelle loi propose des solutions inefficaces pour répondre au problème du terrorisme. La surveillance de masse est au cœur du débat. Elle fait disparaître l’information par la quantité de renseignements accumulé, à l’instar de l’aiguille dans la botte de foin. »

Loïc Hautier (JLRV) a mentionné que les nouveaux moyens du Service de renseignement de la Confédération (SRC) violent le principe de la sphère privée: « dans le contexte sécuritaire ambiant, des notions aussi contradictoires que la « perquisition administrative » ou la « mise sur écoute préventive » semblent être devenues acceptables, alors mêmes qu’elles sont, de par leur nature, absolument incompatibles avec les principes de l’Etat de droit. C’est un assujettissement de la sphère privée. »
Tout en rappelant que le but du référendum n’est pas d’empêcher le SRC d’obtenir les moyens nécessaires pour répondre à de nouveaux problèmes, Lisa Mazzone (CN-GE) rappelle que: « le transfert de compétence entre les services secrets et les autorités pénales n’apportera pas davantage de sécurité, mais pourra au contraire rendre plus difficile la condamnation pénale visant la préparation d’attentats. »

A partir de son point de vue d’expert en sécurité informatique, Guillaume Saouli rappelle que : « pour pirater un système informatique, il faut avoir un portefeuille étendu de vulnérabilités exploitables. La police cantonale zurichoise a dernièrement fait l’acquisition à prix d’or d’outils pour exploiter ces failles. Or, des sociétés suisses ont été victimes de dommage économiques parce que la police n’a pas su révélé les failles de sécurités informatiques qu’elle avait en sa possession. C’est un risque pour la cyber-sécurité du pays. »

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