Le dépassement du capitalisme sera international, ou ne sera pas

Nous vivons dans un monde globalisé. C’est un fait indéniable, avec lequel il faut composer. Les arguments de la peur de la droite (fuite de capitaux, délocalisation, concurrence internationale…), constamment utilisés pour justifier des politiques néolibérales destructrices, sont dépendants d’un certain manque d’unité internationale dans les réponses à y apporter. En conséquence, la gauche doit absolument collaborer et dépasser les frontières, si elle veut dépasser le capitalisme.

 

 

L’époque du socialisme dans un seul pays est bien loin. À l’heure où le prix du billet d’avion est moins cher que celui de train pour l’aéroport, où la numérisation permet des transactions à échelle mondiale en quelques fractions de secondes, et où les fruits du bout du monde sont moins chers que ceux produits localement, il est nécessaire d’avoir une vision mondiale des formes que le dépassement du capitalisme pourrait prendre, et de chercher des alliés*ées dans ces luttes.

 

Prenons un exemple absurde : le taux d’imposition. La droite n’a de cesse de déclarer que toute hausse de l’imposition des plus riches entraînerait immanquablement leur fuite à l’étranger, dans des paradis fiscaux plus attrayants. La Suisse perdrait ainsi de « gros clients », et donc des recettes. Si cet argument fait mouche, c’est parce qu’il est totalement concevable que les plus riches défendent les intérêts de leur classe, et se protègent de toute perte de capitaux.

 

Imaginons maintenant que, dans un élan d’intelligence commune et par un traité formidable, tous les pays du monde décident en même temps d’augmenter de 10 % tous les impôts sur – histoire de coller à l’actualité – les revenus du capital. Aucun mouvement des capitaux, aucune fuite fiscale, puisque tout le monde se retrouve logé à la même enseigne. Le tissu économique reste identique, à l’exception près que tous ces états verraient leurs finances largement améliorées.

 

Si le premier exemple nous parle, le second fait sourire. Aujourd’hui, l’internationale est celle des grands conglomérats, qui imposent leurs règles économiques aux pays. Pourtant, si l’on change de paradigme, une alliance internationale permettrait d’inverser totalement les rapports de force. Les états pourraient se réapproprier l’économie, en tant que partie contrôlable de la vie des sociétés, qui ne serait ainsi plus envisagée comme une toute-puissance intouchable dont il faut respecter les lois immuables.

 

J’aimerais conclure cet article en félicitant Bertil Munk pour son élection comme nouveau secrétaire international de la JS. Sa tâche sera primordiale pour le futur du socialisme, car les réponses au néolibéralisme destructeur qui ravage actuellement notre monde ne pourront être efficace qu’en prenant en compte des dimensions internationales. Le dépassement du capitalisme sera international, ou ne sera pas !

Clément Borgeaud,

Comité de la JSVR

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