Qu’est ce qui est pire dans notre société : être vegan ou homosexuel?

Jovial et plein d’entrain, Pascal est quelqu’un de totalement « normal » que chacun pourrait apprécier. Mais il a tout pour être le « mauvais » exemple d’une affiche UDC.

On nous a toujours appris à ne pas se différencier, à se fondre dans la masse, à être « normal ». Mais la normalité est une question de point de vue, d’interprétation et d’éducation. Ce qui n’empêche pas Pascal (22 ans), de correspondre à tous les critères « normaux ». De Coire il est venu à Fribourg pour des études en médecine et vit en collocation. Dans son canton natal il est bien intégré et fait même de la politique. Mais ce qui le différencie réellement de la masse sont son origine, son orientation sexuelle et son alimentation. Pas facile en effet pour un serbo-kosovar d’être homosexuel et vegan.

Pascal n’a pas rencontré de problème à faire son coming out auprès de ses amis qui étaient très tolérants ni auprès de sa famille de même génération que lui, mais ses parents sont un peu moins ouverts. Il nous raconte : « Lorsque je leur en ai parlé pour la première fois, mon père s’est levé de table et est allé pleurer dans sa chambre, ce n’était vraiment pas facile pour moi ». Pareil pour ses tantes, qui se sont mises à prier pour lui quand elles ont appris quelle était son orientation sexuelle. Heureusement, tous le traitent encore de la même manière même si l’homosexualité reste un sujet tabou.

La pilule la plus amère à avaler entre l’origine, l’orientation sexuelle ou le régime alimentaire, n’est étonnamment ni le fait d’être étranger, ni celui d’être homosexuel (ce qui peut paraitre étonnant au vu des commentaires et avis xénophobes, racistes et homophobes que l’on rencontre dans notre société), mais l’alimentation. Nombre de gens, même au sein de la JSS, ne conçoivent pas qu’une alimentation sans aucun élément animal puisse contenir assez de vitamines. Pour la plupart des gens, être végétarien n’est déjà pas facile, mais il faut être fou pour être vegan. Pascal regrette les commentaires incompréhensifs qu’il subit constamment en révélant son mode de vie. Il nous révèle que ce qui est le plus difficile, par exemple dans une collocation, c’est de devoir cuisiner à chaque fois pour soi-même et surprendre les papilles des autres habitants qui s’attendent à chaque plat vegan à quelque chose d’immangeable.

Après toutes ces expériences Pascal a finalement décidé d’emménager avec une amie vegan afin de ne pas avoir à cuisiner tout le temps pour lui-même et d’avoir davantage de compréhension. Pascal poursuivra donc ses études en médecine avec brio et espère bien ouvrir les yeux de ses concitoyens et camarades de parti sur une manière différente de s’alimenter mais tout aussi saine et équilibrée que n’importe quelle autre, tout en défendant des valeurs telles que la protection animalière, la préservation de notre écologie et la solidarité.

Nous vivons comme nous le voulons!

Ce texte fait parti d’une série de portraits de jeunes qui vivent comme ils/elles le souhaitent – et qui de ce fait sortent d’une norme dictée par une sociétés hétérosexuelle, blanche, monogame et patriarcale. Avec cette série de portraits nous voulons montrer que notre société est beaucoup plus diversifiée et intéressante.

Tu trouveras tous les textes ici.

Ceci est un projet du groupe de travail pour l’égalité de la JS Suisse.

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