#5 : Systèmes de santé et de formation gratuit

La santé et l’éducation : voici les deux mastodontes évidents qui nous viennent à l’esprit lorsqu’on évoque le principe même de service public. Ce lien ne vient pas de nulle part. Mais du simple fait que ces domaines sont des conditions sine qua non à la prospérité d’une société. S’assurer qu’un maximum de personnes reste en bonne santé et soigner les personnes qui ne le sont pas.

Rendre les jeunes générations attentives aux réflexions qui nous émancipent et leur permettre de devenir membre actif/ve de notre communauté. Nous nous sommes bien rendu compte, ces tâches ne sont de loin pas à négliger. C’est donc pour ça que nous nous sommes mis d’accord autour d’une chose : l’économie privée, basée autour d’une recherche effrénée du profit est dans l’incapacité de garantir de telles prestations essentielles. Ainsi, ces services sont passés en grande partie aux mains de la communauté.

La santé publique, l’éducation publique, avons-nous donc atteint le but de créer des secteurs affranchis des logiques marchandes délétères ? La population dans sa globalité bénéficie-t-elle de ces services primordiaux ? Dans les deux cas, la réponse est non. Jamais en Suisse la santé et l’éducation sont parvenus à un stade idéal, même pire : leur situation s’aggrave fortement.

Les assurances maladies, restées dans des mains privées, demandent chaque année des cotisations plus élevées. De plus en plus de personnes croulent sous le poids de ces charges. Ces mêmes personnes choisissent logiquement de s’assurer là où les cotisations sont les moins élevées, soit les offres dont la franchise est la plus haute. De ce fait, de manière à éviter d’avoir des charges de santé trop élevées, les classes les plus populaires évitent un maximum d’aller se faire soigner sachant à l’avance que leur assurance ne paiera rien car la franchise est trop élevée.

Dans le système éducatif, où la logique de marché réapparait, la dynamique est similaire : les mesures d’austérité actuelles obligent les universités à rehausser leurs taxes d’étude. L’inégalité des chances qui en résulte est certaine. Déjà 75% des étudiant-e-s travaillent à côté de leurs études pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Les 25% restants sont sans aucun doute privilégié-e-s et parviennent logiquement à avoir un parcours académique plus florissant. Toute augmentation des charges sur les étudiant-e-s aura pour conséquence une inégalité encore plus poussée dans la formation. Bloquer ces hausses est donc nécessaire. Mais le système doit être repensé dans sa totalité. Le monde éducatif ne doit pas être une simple étape à passer avant d’arriver sur le marché du travail où, sans développement de sens critique, on ingurgite de la matière tout en vivant dans une précarité certaine pendant plusieurs années.

L’austérité, maître-mot du bloc-bourgeois, dégrade indiscutablement ces services publics nécessaires. Il est temps pour nous de nous lever contre la direction lamentable que prend notre société. Revendiquons la gratuité dans l’éducation et la santé. Supprimons leurs barrières financières toujours plus présentes. Donnons-nous les ressources pour que toutes et tous bénéficient équitablement de ces prestations. Rejetons la logique marchande de ces secteurs et mutualisons-les ! Nos luttes, pour ce 21e siècle plein de surprises, devront s’axer assurément autour de l’espoir réaliste de reprendre du terrain sur tout un tas de secteurs actuellement sous le joug de la propriété privée. La santé et l’éducation sont la première étape !

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